Emploi : nettoyeur de scènes de crime

7 Septembre 2015 - Insolite

Emploi : nettoyeur de scènes de crime

Il faut un estomac d’acier et un moral à toute épreuve pour exercer l’un des métiers les plus effrayants au monde ; nettoyeur de scènes de crime. Voici Filip Cnudde, 42 ans, le seul nettoyeur de scènes de crime reconnu, de Belgique, à proposer ce service.

Depuis 5 ans, Specialised Cleanup Services Europe (SCSE), la société de Filip, offre ses services pour toutes sortes de travaux de nettoyage, dont le nettoyage d’endroits où a eu lieu un meurtre ou un suicide occupe pas loin de 40 % du temps.

Quelles techniques utilisez-vous pour nettoyer une scène de crime ?

« J’utilise des produits spécifiques et dispose aussi de nettoyeurs à vapeur très puissants. Pour faire disparaître les odeurs de cadavre très fortes, j’ai recours à un générateur d’ozone et à des produits BioOrg. Je dois quand même dire que le récurage et le ponçage restent très importants. Je passe des heures à genoux. »

Comment en êtes-vous venu à faire ce genre de boulot ?

« J’avais entendu parler de quelqu’un qui avait dû nettoyer les traces du suicide d’un membre de sa famille proche. Cet homme en avait fait une dépression et avait souffert pendant trois ans, de cauchemars. J’ai trouvé très bizarre que personne ne s’occupe de ce genre de travail de nettoyage, alors que ce besoin existe. Je suis parti du principe que j’avais trouvé un trou dans le marché et j’ai commencé à envisager de nettoyer les scènes de crime. J’étais alors représentant d’articles sanitaires, mais j’ai pensé que cette réorientation de carrière en valait la peine. »

« J’ai alors suivi deux formations de "crime scene cleanup", aux États-Unis, à l’American Bio-Recovery Association. J’ai ainsi appris à maîtriser les bonnes techniques et j’étais prêt à me lancer comme indépendant. Ma première mission a été le nettoyage après la mort d’une personne que je connaissais bien et je me suis rendu compte que je n’avais pas de problème à effectuer ce genre de travail. »

Quelles qualités doit posséder un "crime scene cleaner" ?

« Il faut être capable de travailler avec précision, faire preuve d’empathie et avoir une constitution et un mental solides. Il faut aussi pouvoir laisser son travail derrière soi pendant son temps libre. »

Comment tirez-vous satisfaction d’un tel travail ?

« Je rentre souvent à la maison en me sentant bien parce que je sais que grâce à moi, des gens ne devront plus se soucier du nettoyage et pourront se concentrer sur ce qui compte vraiment : faire leur deuil. »

« Les gens pour qui je travaille sont souvent très mal psychologiquement et il est agréable de voir à quel point ils sont reconnaissants envers mon travail. Je reçois souvent des courriels ou des SMS de personnes qui veulent me remercier, et ça, ça n’a pas de prix. »

Quel est l’aspect le moins agréable de votre travail ?

« Il y a inévitablement le moment douloureux où je dois présenter la facture au client. Hélas, il n’y a pas de fonds en Belgique qui intervient pour ce genre de travail. Je trouve que le monde politique devrait entreprendre quelque chose pour dédommager les coûts de nettoyage après un meurtre ou un suicide. Pour l’instant, les proches sont doublement victimes : ils perdent quelqu’un qui leur est cher et ils doivent ensuite assumer les frais du nettoyage. »

 

(Source : //www.references.be/carriere/job-insolite-nettoyeur-de-scenes-de-crime)



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