Guillaume Tell, mythe ou réalité ?

24 Septembre 2015 - Histoire

Guillaume Tell, mythe ou réalité ?

Guillaume Tell, héros national et indissociable, ce personnage de l’histoire suisse a-t-il réellement existé ou s’agit-il d’une vaste légende associée à la Confédération helvétique ? Figure probablement légendaire, il aurait vécu dans le canton d'Uri, au début du XIVe siècle. Guillaume Tell serait un ancien mercenaire, retiré dans ses montagnes et un expert dans le maniement de l'arbalète.

Pour la petite histoire…

À la fin du 13e siècle, la Suisse centrale (région du canton d’Uri) est sous la régence de l’empire romain-germanique.

Le 25 juillet 1307, le régisseur ou bailli, Hermann Gessler, était responsable de superviser cette petite province et de percevoir les taxes. Imbus de lui-même, le gouverneur fait ériger un poteau sur la place des Tilleuls, dans le village d'Altdorf et y accroche son chapeau, obligeant ainsi tous les habitants – sous peine de mort – de se courber devant le couvre-chef, censé le représenter en cas d’absence.

Tous les habitants doivent sans exception se découvrir ou saluer le mât en passant à proximité. Le dimanche 18 novembre 1307, Guillaume Tell passa plusieurs fois devant le poteau coiffé sans faire le geste exigé. L’affaire vint jusqu’aux oreilles de Gessler. Dénoncé, Guillaume Tell comparaît devant lui. Condamné à effectuer une épreuve contre sa liberté, on lui ordonne de percer d'un carreau d'arbalète une pomme posée sur la tête de l'un de ses propres fils. En cas d'échec, l'arbalétrier sera mis à mort. Malgré ses supplications, le bailli reste intraitable. Guillaume Tell s'exécute, réussit l’épreuve et coupe le fruit en deux sans toucher l'enfant.

Gessler, blessé dans son orgueil demande à Tell pourquoi il dissimule un second carreau sous sa chemise. Tell prétend d'abord qu'il s'agit d'une simple habitude, puis lui répondit qu’il lui était destiné s’il avait raté la cible et tué son enfant.

Le gouverneur ne tient pas son engagement et fait arrêter Guillaume Tell sur-le-champ pour l’emmener dans la prison de son château fort de Kussnacht (près de Lucerne), où il doit finir ses jours dans une tour. Mais, au cours de la traversée du lac des Quatre Cantons, un gros orage menace la frêle embarcation.

Guillaume Tell, qui connaît le mieux la manœuvre, propose de prendre les choses en main afin d’arriver à bon port.

Arrivé à proximité, il bondit à terre sur la Tellsplatte, près de Sisikon, et repousse la barque d'un coup de pied tout en saisissant son fils avec la rapidité de l’éclair pour s’enfuir dans les montagnes.

Il attendit patiemment l’arrivée du tyran Gessler et le tue avec sa deuxième flèche. Le récit connaît de nombreuses variantes. Selon l'une d'entre elles, Guillaume Tell meurt noyé sur ordre de Gessler, selon une autre, c'est à la Tellsplatte, juste après avoir débarqué qu'il tue le bailli.

Son geste permit alors à la région de Suisse centrale de se soulever et de créer la Confédération helvétique avec les cantons d’Uri, Schwytz et Unterwald. Deux conceptions de Guillaume Tell dominent. Le peuple voit en lui un homme du peuple qui a libéré jadis le pays de l'oppresseur. Les classes dirigeantes ont une vision plus politique et voient en lui un rassembleur qui met en évidence la légitimité politique de la Confédération.

Ce dernier meurt quelques années plus tard en voulant sauver une personne de la noyade.

 

Le symbole de Guillaume Tell

Cette histoire, à l’origine de la naissance de la Suisse, fut ensuite reprise dans divers contes. Mais au XIXe siècle, le mythe change. Le personnage historique se trouve réduit à un personnage de légende. Guillaume Tell est désacralisé, mais la ferveur populaire reste. En 1848, la nouvelle Confédération éprouve un besoin de légitimité et d’identité. Tell devient alors le symbole d’une identité nationale ancestrale.

Aucun document de l'époque ne confirme la réalité du héros et les historiens ne savent que fort peu de choses sur les événements locaux qui se sont déroulés autour de 1291. Tout donne à penser que quelque chose de singulier s'est réellement passé et Guillaume Tell ne peut être né de la pure imagination de ses concitoyens ou de leurs descendants.

L’histoire de Guillaume Tell connaitra son apogée avec Schiller, qui fait représenter le chef-d'oeuvre que lui inspire la légende en 1804 ; et l'opéra de Rossini créé à Paris en 1829.

 

(Source : //enigmeshistoire.e-monsite.com/pages/guillaume-tell-mythe-ou-realite.html)

Guillaume Tell, mythe ou réalité ?
Guillaume Tell, mythe ou réalité ?
Guillaume Tell, mythe ou réalité ?
Guillaume Tell, mythe ou réalité ?
Guillaume Tell, mythe ou réalité ?


Commentaires

Publicités

Pour annoncer dans le 20 minutes
(450) 753-3871

À lire aussi

Facebook

facebook.com/magazine20minutes